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                     CHAR B1  

 

 

  

Armement :              47 mm (tourelle

                               75 mm (casemate) 

 

Conflit :                    seconde guerre mondiale

 

service :                   1939-1944 (France)

                               1940-1944 (Allemagne)

 

Blindage :                 60 mm (face)

                               55 mm (flanc)

                               55 mm (arrière)

                               56 mm (mantelet)

 

Vitesse sur route :      25 km/h

 

Autonomie :               150 km

 

Poid :                        31.5 tonnes

 

Constructeurs :           Renault

                                FCM

                                AMX                                                                                     Schneider et Cie             

 

 

 

Conçu par le général français Estienne en 1934, le B1 Ã©tait un char de conception assez originale. Il était armé d'un canon de 75mm en casemates et d'une mitrailleuse 7,5 mm de caisse pointés en direction par déplacement du char. Les chenilles enveloppantes lui permettaient d'évoluer très aisément en tous les types de terrain. 

Les premiers essais eurent lieu en 1931. Le blindage passa de 25 à 40 mm et les mitrailleuses de tourelle furent remplacées par un canon de 47 court. En 1935, la situation militaire exigea le lancement immédiat de la production en série, tandis qu'on poursuivait les études en vue d'accroître la puissance de l'engin. Finalement, on adopta un blindage encore plus épais, 60 mm, et un canon de 47 long en tourelle. Ainsi les premiers chars B1 construits en 1936 n'eurent que le canon court, et les chars améliorés (B1 Bis) apparurent en 1938.

La caisse du B1 est réalisée par le boulonnage d'éléments en acier. Elle est divisée en deux compartiments, séparés par une cloison coupe-feu, la partie avant accueillant l'équipage, celle arrière le moteur, la transmission et le réservoir de carburant. L'organisation interne du véhicule est issue de la nécessité de servir l'arme principale, le canon de 75 mm car, au démarrage du projet, la tourelle n'était censée être armée que d'une mitrailleuse, et sa fonction était plutôt celle d'un poste d'observation pour le chef de véhicule. Ce canon, fixe en site, est pointé en direction avec la caisse, c'est donc le conducteur qui l'utilise, à partir de son poste de pilotage situé sur la gauche de l'arme. Pour arriver à un pointage précis de l'arme, il a été nécessaire de développer un appareillage spécifique pour effectuer des virages précis, grâce à volant . Outre le volant de conduite, le conducteur dispose donc aussi d'un volant pour affiner le pointage en direction de la pièce, et d'un autre pour régler la hausse. Il effectue toutes ces opérations en visant l'objectif dans la lunette de tir placée devant lui.

Derrière le canon, prend place le chargeur qui, lui aussi, a plusieurs fonctions : il doit, en effet, charger le canon de 75 avec des obus sur lesquels il visse les fusées, mais aussi passer au chef de char des munitions pour recompléter celles situées en tourelle. Il travaille dans une position inconfortable, accroupi derrière l'arme, et doit aller chercher les munitions, parfois jusque dans le compartiment moteur, auquel on accède par une porte dans la cloison coupe feu. À sa gauche, le radiotélégraphiste est un peu mieux logé, cependant son matériel est tout sauf moderne, les transmissions ne s'effectuant non en phonie, mais en morse. Dernier homme d'équipage, le chef de char est sans doute le plus débordé : en plus de l'observation du champ de bataille et de la localisation des objectifs, il doit, en effet, pointer et approvisionner les deux armes de sa tourelle monoplace. Souvent, le mécanicien affecté au véhicule se joignait à l'équipage, devenant le cinquième homme de celui-ci.

Sur le B1 bis, le moteur est un Renault de type aviation renforcé, avec six cylindres  qui développe 307 chevaux Ã  1 900 tours par minute. Il est monté au centre du véhicule, juste derrière la tourelle. Il est refroidi par un radiateur et un ventilateur, placés sur sa gauche, alimenté en air par une ouverture protégée par des persiennes en blindage. Derrière le moteur, reliée par un coupleur, la boîte de vitesses, avec cinq rapports avant et un arrière, est surmontée par un dispositif hydrostatique qui contrôle les différentiels auxiliaires, permettant de faire varier la vitesse de chaque chenille de façon souple et régulière.

Malgré son emploi lors de la Seconde Guerre mondiale, le B1 présente de nombreuses caractéristiques qui rappellent que sa conception eut lieu à la fin des années 1920. Son train de roulement, par exemple, conçu par FCM, est extrêmement complexe, il enveloppe tout le pourtour de la caisse, comme sur les chars Mark I anglais, ce qui marque la préoccupation de lui donner de bonnes capacités dans un terrain difficile, comme celui rencontré lors d'une guerre de tranchées. 

Les chars B1 avaient pour mission, en temps de guerre, d'attaquer les zones fortement fortifiées par l'adversaire. Pour ce faire, ils étaient regroupés au sein d'unités formées à la mobilisation, les divisions cuirassées , qui restaient à la disposition du grand quartier général pour mener des attaques planifiées contre les défenses adverses, en coopération avec les divisions d'infanterie. Ce type de division blindée n'avait pas été conçu pour une guerre de mouvement, menée de façon autonome, comme l'étaient les panzerdivision. Ce rôle était confié, en France, aux divisions de la cavalerie en cours de motorisation, les divisions légères mécaniques.  Les services n'étaient pas dimensionnés pour opérer en avant, dans la profondeur du dispositif adverse, mais pour mener des attaques à but tactique, en soutien de certains corps d'armée. Une fois une percée assurée, son exploitation était confiée à la cavalerie ou à l'infanterie.En mai 1940, l'absence de front stable que nécessitait les B1 n'exista pas, et les chars durent être engagées dans un rôle pour lequel elles n'avaient pas été conçues.

En septembre 1939, il existait quatre bataillons Ã©quipés de chars B1, les 8e, 15e, 28e et 37e bataillons de chars de combat, chacun avec 33 chars. Le dernier était équipé de la première version du char, les autres mettant en ligne des B1 bis. Le 16 janvier 1940, ils formèrent la base pour la création des deux premières divisions cuirassées de réserve, la 1re et la 2e, dont ils formaient la première demi-brigade de chars.

 

Le B1 bis posa de très nombreux problèmes aux troupes allemandes, son épais blindage résistant à toutes les armes antichar. Les Allemands durent alors improviser pour le mettre hors de combat, en utilisant leurs pièces d'artillerie en tir direct, en particulier les canons antiaériens de 88 mm (Le B1 bis nommé Jeanne d'Arc, par exemple, encaissa 90 impacts avant d'être incendié par un 88). Malgré cette supériorité écrasante, tous les défauts du B1 bis et des divisions cuirassées empêchèrent la relative impunité des B1 d'avoir une influence sur le cours de l'offensive allemande.

Tout d'abord, la faible autonomie des B1, aggravée par la faiblesse des services de ravitaillement des bataillons, provoqua l'abandon de nombreux véhicules à court d'essence, auxquels s'ajoutèrent ceux victimes de pannes mécaniques, en particulier à cause du moteur se déréglant vite et sujet aux fuites d'huile. Dépassées en nombre, les bataillons, devant reculer, durent de ce fait abandonner de nombreux véhicules qu'elles ne pouvaient ni réparer, ni ravitailler. De plus, la répartition peu logique de l'armement du B1, pourtant puissant, nuisit grandement à son efficacité sur le terrain : du fait de la complexité de leurs tâches, les équipages devaient être très expérimentés et, même dans ce cas, il était quasiment impossible au chef de véhicule d'observer convenablement la situation pour anticiper les menaces contre le char. Dernière faiblesse, la qualité des matériels de communication était mauvaise : les équipages disposaient soit du poste ER53, transmettant en morse, soit du ER51 en phonie, mais ce dernier était quasiment inemployable dans l'ambiance sonore du char, poussant les équipages de la 1re DCR à conserver les postes originaux.

 

 

 

 

 

Après la défaite française, les Allemands récupérèrent 161 chars B1, qu'ils n'utilisèrent que dans des tâches secondaires : entraînement et opérations de maintien de l'ordre et anti-partisans sous la désignation de Panzerkampfwagen B-2 740 (f). Ils furent, par exemple, utilisés par la Panzer-Kompanie 12 lors de l'opération FruÅ¡ka Gora. Soixante de ces chars furent par la suite convertis en chars lance-flammes sous le nom de Flammwagen auf Panzerkampfwagen B-2 (f), et seize autres en canons automoteurs de 105 mm. Certains de ces chars furent ensuite repris par les Français, lors de la Libération, et réutilisés dans les opérations contre la poche de Royan.

char B1 converti par l'Allemagne en canons automoteurs de 105 mm. 

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